Le système éducatif américain

  Présentation du pays :

Les Etats-Unis comptent 316 Millions d’habitants en 2013[1]. Le pays est situé en Amérique du Nord entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique et entre le Canada au nord et le Mexique au sud. Il a une superficie de quelques neuf millions six cent mille kilomètres carrés. Les deux langues les plus usitées sont l’anglais et l’espagnol. Enfin, le taux d’alphabétisation est très fort puisque 97% des personnes âgées de plus de 15 ans savent lire et écrire.

  Histoire du système éducatif américain

Le système éducatif américain a certainement été un des premiers systèmes du monde à avoir été mis en place. Impulsé par Thomas Jefferson[2] qui instaura des réformes dès la fin du XVIIIème siècle, ce système éducatif visait à permettre la scolarisation de tous les enfants libres, filles comme garçons. Néanmoins, cette mesure ne fût d’abord pas retenue car considérée comme trop coûteuse par les Etats. Cependant, elle porta ses fruits puisqu’en 1832, dans l’état New-York, fût instaurée une première école élémentaire gratuite et obligatoire. Par la suite Thomas Jefferson, dessina les plans de l’Université de Virginie dont il devint le Recteur.

Entre la fin du XIXéme et le début du XXème, les travaux et recherches sur la pédagogie sont largement influencés par le philosophe John Dewey[3], figure incontournable du courant du pragmatisme[4]. Ce courant philosophique a certainement durablement façonné l’identité même du système éducatif américain qui, à l’égal du système éducatif anglo-saxon européen, cherche à développer l’autonomie et la responsabilité des élèves en les rendant acteurs de leur apprentissage par l’expérimentation notamment. Il est à noter que pour ces philosophes, comme pour Thomas Jefferson précédemment, l’école tient une place essentielle dans la formation d’une société démocratique.

Dans le cadre d’une comparaison avec le système éducatif français, historiquement, après la Révolution Française et pendant l’époque napoléonienne, l’école républicaine s’est construite avec l’objectif de former des élites capables d’assurer le fonctionnement de la nation. Cette idée de nation, une et indivisible, contenant intrinsèquement la notion d’égalité, dont la devise héritée de la Révolution « Liberté, Egalité, Fraternité » est le fondement même de l’identité française, est une notion que l’on ne retrouve pas aux Etats-Unis. En effet, si l’on entend souvent parler de « nation française », ce n’est pas le cas de l’expression « nation américaine » qui n’est jamais (ou quasiment) employée.

Dans les années 50 et 60 du XXème siècle, le système éducatif connaît de profonds bouleversements en tendant par exemple vers une plus grande égalité raciale notamment dans l’accès aux études supérieures et universitaires.

Enfin, dans les années 1970, des réformes imposent la mixité dans tous les établissements publics et le Bilingual Education Act[5] astreint toutes les écoles à un enseignement bilingue pour les enfants ne maîtrisant pas l’anglais.

  Le système éducatif aujourd’hui

v Organisation et structure:

A l’image de beaucoup d’autres pays, la scolarité obligatoire se situe aux Etats-Unis entre 6 et 16 ans. Néanmoins, dans son discours de Janvier 2012 sur l’état de l’Union, le Président Obama souhaitait « rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans » dans tous les Etats comme c’est déjà le cas certaines parties du Canada[6].

La scolarité s’organise de la manière suivante[7]:

  • Scolarité pré-élémentaire : de un à trois ans
  • Education élémentaire : de six à huit ans, mais c’est la durée                                                                                                                                                                                             de six ans qui est le plus répandue. Il commence toujours par la première année d’école et se termine en septième ou en huitième selon les Etats. L’âge d’entrée à l’école est entre 5 et 7 ans, 6 ans étant le plus communément pratiqué.
  • Education secondaire de base : L’éducation secondaire débute par la sixième ou huitième année et peut durer jusqu’à la neuvième ou douzième année. Elle dure de deux à quatre ans (selon la durée de la scolarité à l’école élémentaire) et s’achève autour de la dixième année.
  • Education secondaire supérieure : De la neuvième à la douzième année L’âge d’entrée à ce niveau d’études est 14 ou 15 ans. Elle dure généralement quatre ans. A ce moment là les élèves ont entre 17 et 18 ans. Ces établissements sont connus sous le nom de High School. Il existe généralement trois filières au palier secondaire supérieur : la filière professionnelle et technique, la filière d’enseignement général, la filière préparatoire à l’Université.

Cette scolarité, quelle que soit la manière dont elle se décompose, est sanctionnée par le diplôme de fin d’études secondaires : Le High School Diploma[8].

v Nature et identité :

Le système éducatif américain est à l’image du pays dans lequel il s’est développé : pluriel. On ne peut pas parler d’un système éducatif mais de systèmes éducatifs qui sont décentralisés, c’est-à-dire que chaque état est responsable du système d’enseignement dont il a la charge. Ce sont les school boards, c’est-à-dire les décisions sur les programmes éducatifs et sur le financement qui sont prises par les instances locales. Cependant, il existe un Département de l’Education (équivalent du Minsitère de l’Education Nationale en France) du Gouvernement Fédéral qui intervient surtout dans le domaine du financement de l’éducation. Ainsi, pour l’éducation publique et dans la majorité des états la liberté de choix est totale et le socle minimum commun de connaissances est délibéré par les assemblées législatives de chaque Etat. Les écoles privées elles, élaborent librement leurs programmes d’enseignement.

Aux Etats-Unis, il n’y a pas de langue officielle aux yeux de la Constitution. Néanmoins, la majorité des Etats (29 sur 50) a choisi l’anglais comme langue officielle.

Là encore, il est intéressant de noter ou de questionner la différence entre la France et les Etats-Unis, entre les deux systèmes d’enseignement et elle est de taille…En France, l’idée de pluralité dans le système éducatif est tout simplement inconcevable. Ainsi que nous l’avons mentionné plus haut, la notion d’égalité inhérente à la nation française ne permet pas d’intégrer la pluralité dans le système d’éducation. Lorsque Jules Ferry crée l’école primaire obligatoire en 1882, c’est avec un modèle d’éducation unique : les mêmes bases pour tous : « Savoir écrire, lire et compter ». Ici on n’imagine pas que les programmes scolaires puissent être différents d’un département à un autre, d’une région à une autre. Et que dire de la langue, cette fameuse langue d’oï, devenue ensuite français et apprise à toutes les populations du territoire même sous la contrainte ou la punition s’il le fallait (les bonnets d’ânes et les coups de baguette sur les doigts ne sont pas si lointains), alors que la France était au départ une mosaïque linguistique et culturelle ? Enfin et toujours dans ce sens peut-on concevoir en France notre puissant Ministère de l’Education avant tout comme un financeur à l’image du Département de l’Education américain ?

Mais revenons-en aux Etats-Unis. L’investissement dans l’éducation est une part très importante du budget de l’Etat. Au niveau mondial, il représente quelques 28% des dépenses éducatives mondiales et 7% de leur propre PIB.

Néanmoins, selon le rapport PISA 2006[9], ils n’obtiennent que des résultats moyens quant au niveau de leurs élèves d’une même classe d’âge (15 ans) par rapport à la culture scientifique (sciences physiques, sciences du vivant, technologies, sciences de la terre et de l’univers). Par exemple, sur la performance moyenne sur l’échelle de culture scientifique, ils se situent à la 21ème place sur 30 derrière le Danemark, la France ou l’Islande mais devant la Slovaquie, l’Espagne ou la Norvège[10].

  Le système d’enseignement supérieur

Si le système secondaire est un système d’enseignement très disparate et souffre par là même de nombreuses carences, le système d’enseignement supérieur reste l’un des meilleurs du monde. Selon le rapport annuel de l’OCDE[11], le pays occupe :

  • Le 9ème  rang des pays de l’OCDE pour l’accès à l’enseignement supérieur
  • Le 13ème rang des pays de l’OCDE pour le taux d’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur en trois ou six ans

Et selon un rapport de l’Educational Policy Institute (EPI) le pays consacre 17,2 % à l’enseignement supérieur.

Enfin, en 1998 35 % des américains avaient un diplôme d’enseignement supérieur contre 11% en 1970.

Les études supérieures ont une durée de deux à six ans et comprennent trois niveaux :

  • Niveau de base et dont le diplôme s’obtient en deux ans
  • Niveau de deuxième cycle de un à trois ans
  • Niveau de troisième cycle, le Doctorat (PH.D) s’obtient en trois ans.

Les échelles de notation sont les suivantes :

Échelle numérique Échelle de lettres   Équivalences WES
4.0 A Excellent A
3.7 A- A-
3.3 B+ B+
3.0 B Bien B
2.7 B- B-
2.3 C+ C+
2.0 C Moyen C
1.0 D Passable D
0 F Échec F

A l’image du système éducatif secondaire, le système universitaire et supérieur est fortement décentralisé. Ainsi, chaque Etat de l’union possède plusieurs systèmes universitaires publics. Les universités publiques sont deux types : les universités bénéficiant du plus grand prestige sont les universités dites « de » : par exemple « University of North Carolina » (Université de Caroline du Nord). Puis de moindre qualité se trouvent les universités d’Etat appelées « North Carolina State University ». On trouve aussi généralement des Universités privées dans chaque Etat appelées et des « Community Colleges ». Ces derniers délivrent des cours universitaires de première et deuxième année, des cours professionnels, techniques et de la formation continue.

Pourquoi le système d’enseignement supérieur est-il considéré comme si bon ?

Tout d’abord, il bénéficie d’un afflux massif d’étudiants étrangers, dont la grande majorité est asiatique et qui ont déjà été formés dans les premiers niveaux par leurs pays d’origine. Ces étudiants représentent souvent l’élite de la population estudiantine de leurs pays. Chouchoutés et très appréciés, les Etats-Unis leur offrent bien souvent des perspectives d’emploi et/ou de recherche très intéressantes. Ce phénomène de Brain Drain profite à l’économie toute entière.

De plus le système de sélection par l’argent joue un rôle non négligeable. Les études supérieures aux Etats-Unis sont souvent chères et malgré une volonté de démocratisation depuis les années 60, l’accès à l’Université reste la plupart du temps un privilège. Le niveau d’étude est donc assez exigent. Dans certaines grandes universités les budgets peuvent être considérables, permettant aux étudiants comme aux laboratoires de recherche de disposer de tout ce dont ils ont besoin.

Enfin, décentralisation oblige, les universités américaines ont tissé depuis longtemps de nombreux liens avec les entreprises, notamment locales privilégiant ainsi pour les étudiants, l’accès au monde du travail. Ces dernières jouent fréquemment un rôle de financeurs des universités, comme les états, les dons et les fondations.

  Bilan et observations pendant le stage :

Mon stage de Master se déroulera à l’UNCA (University of North Carolina Asheville) entre Février et Mars 2015. En cohérence avec mon sujet de Mémoire, je vais tout particulièrement me pencher sur les problématiques de diversité linguistique et culturelle des étudiants et sur la gestion par l’Université de ces disparités. Quels types de méthodes d’enseignement sont appliqués ? Les diversités culturelles et linguistiques sont-elles prises en compte dans les enseignements? Et comment ? Les enseignements se font-ils tous en anglais ? Quelle est la place des étudiants étrangers dans l’Université ? Et quelle est la place des langues étrangères ? Le Département des Langues Etrangères est-il un Département important de l’UNCA ? Quelle est sa fréquentation ? Qui attire-t-il ? Et pourquoi ? De quels cursus scolaires antérieurs proviennent les étudiants du Département ?

Autant de questions qui sont en lien avec mon sujet de recherche qui va se baser sur des notions telles que le cosmopolitisme, la multiculturalité ou le multilinguisme pour étudier le système universitaire américain au travers de l’Université d’Asheville.

[1] Current Population ClockU.S. Census Bureau, évaluation mise à jour toutes les minutes

[2] Thomas Jefferson : 3ème Président des Etats-Unis de 1801 à 1809, également philosophe, agronome, inventeur, architecte, il a fait partie de l’élite des Lumières.

[3] John Dewey : Philosophe américain majeur du courant du pragmatisme, dont la devise est « Apprendre en agissant ».

[4][4] Pragmatisme : Pour le courant de pensée pragmatique, la méthode d’apprentissage est le « Hands on learning » (apprendre en agissant) qui considère l’enseignant comme un guide et où l’élève apprend par l’expérimentation.

[5] A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p.399

[6] Le Devoir : « Pour l’école obligatoire jusqu’à 18 ans » Edige Royer, Québec, 14 Mars 2014

[7] Source WEP-USA (World Education Service)

[8] Ibid 6

[9] Pisa 2006 : Bernard Hugonnier, Eric Charbonnier, Direction Générale de l’OCDE

[10] Ibid 5

[11] Regards sur l’éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde

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